Informations vérifiées en octobre 2026.
Cette page fait le point sur le tarif prosumer, la fin de la compensation (le « compteur qui tourne à l’envers ») et les compteurs communicants en Wallonie. Les règles évoluent régulièrement : les montants exacts sont publiés par la CWaPE et par votre gestionnaire de réseau.
Le tarif prosumer : qu’est-ce que c’est ?
Il s’agit d’une redevance, et en aucun cas d’une taxe, qui fait participer les producteurs-consommateurs (« prosumers ») aux coûts d’utilisation du réseau de distribution. Il est appliqué en Wallonie depuis le 1er octobre 2020 (en Flandre depuis 2015). Il est facturé par votre fournisseur, qui le reverse au gestionnaire de réseau (ORES, RESA, AIEG, AIESH ou REW). Il concerne les particuliers qui possèdent une installation photovoltaïque, mais aussi éolienne, hydraulique ou de cogénération.
Deux modes de calcul existent. Le tarif capacitaire (forfaitaire) est calculé sur la puissance nette de l’installation, exprimée en kWe : la plus petite des deux valeurs entre la puissance des panneaux (kWc) et celle de l’onduleur (kVA). Il suppose une autoconsommation de 37,76 %. Le tarif proportionnel demande un compteur communicant ou double-flux : le réseau est facturé sur l’électricité réellement prélevée, sans jamais dépasser le montant du tarif capacitaire. Il est plus avantageux si vous autoconsommez plus d’environ 38 % de votre production.
Combien coûte-t-il en 2026 ?
Aucune prime ne compense plus le tarif prosumer depuis le 1er janvier 2024. Il était compensé à 100 % en 2020 et 2021, puis à environ 54 % en 2022 et 2023.
En 2026, le tarif capacitaire représente environ 85 € par kWe et par an chez ORES et RESA, 93 € chez REW, 81 € chez AIEG et 99 € chez AIESH (TVA de 6 % comprise). Pour une installation de 5 kWe chez ORES ou RESA, cela représente donc environ 425 € par an. Ces montants ont fortement augmenté en 2025 et sont revus chaque année : demandez-nous les valeurs en vigueur lors de l’étude de votre projet.
La fin du compteur qui tourne à l’envers
Installations mises en service avant le 1er janvier 2024 : elles conservent la compensation jusqu’au 31 décembre 2030. Votre fournisseur ne facture alors que l’électricité nette prélevée (prélèvement moins injection, avec zéro comme plancher). La date de mise en service est celle de la visite de l’organisme agréé qui contrôle l’installation.
Installations mises en service depuis le 1er janvier 2024 : il n’y a plus de compensation. Un compteur communicant mesure séparément ce que vous prélevez et ce que vous injectez. Vous consommez d’abord votre propre production, le surplus est injecté sur le réseau et racheté par votre fournisseur à son tarif d’injection. Ce tarif varie fortement d’un fournisseur et d’un contrat à l’autre (de moins de 1 à plus de 6 centimes par kWh hors TVA selon les relevés du début 2026) et reste généralement très inférieur au prix de l’électricité achetée. C’est pourquoi l’autoconsommation est devenue le moteur de la rentabilité.
Attention aux modifications d’une installation existante : remplacer un onduleur ou ajouter quelques panneaux ne fait perdre la compensation que dans certaines limites (augmentation de la capacité d’injection d’au plus 1 kW et installation de moins de 10 kW). Faites-vous conseiller avant tout changement.
Compteur double-flux ou communicant : à quoi sert-il ?
Le compteur double-flux (ou bidirectionnel) mesure indépendamment l’injection et le prélèvement. Le compteur communicant en plus transmet ses données au gestionnaire de réseau et permet de tenir compte de l’heure de consommation. Il est indispensable pour mesurer l’injection d’une installation récente et pour bénéficier du tarif proportionnel. Le dispositif régional qui remboursait les compteurs double-flux a pris fin le 31 décembre 2023 : renseignez-vous auprès de votre gestionnaire de réseau pour les conditions et les délais actuels.
Depuis le 1er janvier 2026, la structure des tarifs de réseau a aussi changé en Wallonie : les heures creuses ont été déplacées et élargies, et une tarification variant selon l’heure de la journée (le « tarif impact ») s’applique avec les compteurs communicants. Consommer en journée, quand vos panneaux produisent, ou stocker le surplus avec une batterie devient donc encore plus intéressant.
Quelles aides subsistent en 2026 ?
Il n’existe plus de prime wallonne à l’installation de panneaux solaires : la prime Qualiwatt et les certificats verts résidentiels ont été supprimés. À notre connaissance, il n’existe pas non plus de prime wallonne pour les batteries domestiques. Le projet d’aide à 40 % des équipements d’autoconsommation, évoqué par le passé, n’a pas été mis en place. Restent notamment la TVA à 6 % pour les logements de plus de 10 ans et, depuis le 1er octobre 2026, les prêts de rénovation Rénopack et Rénoprêt : le détail est dans notre guide sur le coût et les aides.
Une installation photovoltaïque est-elle encore rentable ?
Oui, mais le calcul a changé : la rentabilité repose désormais surtout sur la part de votre production que vous consommez vous-même (chauffe-eau, pompe à chaleur, véhicule électrique, batterie, appareils programmés en journée). Selon le profil de consommation, le retour sur investissement se situe en général entre 6 et 10 ans, pour des panneaux dont le rendement est maintenu pendant 25 à 30 ans. L’onduleur a une durée de vie d’une douzaine d’années. Votre installateur SRMGT vous remet un tableau d’amortissement avec le devis ; contactez-nous par téléphone ou via notre formulaire de contact pour toute question.
Sources officielles : Wallonie.be, fin du compteur qui tourne à l’envers ; Wallonie.be, le tarif prosumer ; CWaPE.
